Le débat enfle à chaque course remportée. Tadej Pogacar écrase le peloton avec une facilité déconcertante, bat des records d’ascension et enchaîne les monuments sans jamais sembler toucher ses limites. Voici ce qu’on va voir :
- Les chiffres qui alimentent le scepticisme
- Ce qu’en pensent des témoins particulièrement légitimes
- L’état réel des contrôles antidopage
- Les réponses aux questions les plus posées
Des performances qui posent question : les chiffres qui alimentent le débat
Watts, W/kg, VO2 max : que signifient vraiment ces données ?
Pour comprendre le scepticisme autour de Pogacar, il faut parler puissance. Un professionnel propre tourne autour de 5,5 à 6 W/kg en montagne. Lors du Tour 2025 à Hautacam, des physiologistes indépendants l’estiment à 6,74 W/kg pendant 35 minutes, soit environ 460 watts, ce qui correspond à un VO2 max de 80 à 100 ml/min/kg selon les modèles utilisés.
Pourquoi Pogacar écrase-t-il autant ses concurrents ?
Ce qui interpelle, c’est l’écart avec le reste du peloton. Les spécialistes estiment que l’entraînement, la nutrition et le matériel ne peuvent expliquer plus de 10 watts de gain supplémentaire. Pogacar, lui, semble avancer avec une marge bien supérieure, passant souvent la ligne à peine essoufflé là où ses suivants terminent à bout de forces.
Ce qu’en pensent les experts et les témoins les plus légitimes
Erwann Menthéour, ex-cycliste dopé : “ses performances sont stupéfiantes”
Erwann Menthéour est une voix particulièrement légitime : ancien coureur professionnel, il a lui-même eu recours au dopage avant de tout révéler dans Secret défonce (1999). Son verdict sur Pogacar publié sur Instagram : ses performances sont “stupéfiantes” et “le doute n’est pas du cynisme, c’est une hygiène mentale”. Il ne l’accuse pas, mais refuse de recevoir ces résultats naïvement.
Le Dr de Mondenard répond aux accusations les plus populaires
Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport et expert reconnu du dopage, balaie la théorie la plus circulante : les cheveux blonds de Pogacar ne prouvent rien. L’EPO n’est pas détectable par analyse capillaire en raison de sa structure moléculaire. La décoloration de Pogacar est par ailleurs récente, alors que sa domination dure depuis plusieurs années.
Contrôles antidopage et zone grise médicale : où en est-on en 2025-2026 ?
Jamais contrôlé positif : ce que ça veut dire, et ce que ça ne prouve pas
Pogacar n’a jamais été contrôlé positif. Sur le seul Tour 2024, environ 600 échantillons ont été prélevés. Mais l’absence de contrôle positif ne prouve pas l’absence de dopage : elle prouve que rien n’a été détecté. Le microdosage et le dopage génétique restent difficiles à identifier avec les outils actuels.
Surmédicalisation légale : la vraie frontière floue du cyclisme moderne
Une enquête de Radio France a mis en lumière un phénomène méconnu : la surmédicalisation du peloton. Les coureurs consomment de grandes quantités de médicaments et compléments autorisés, mais potentiellement améliorateurs de performances. Cette zone grise brouille la frontière entre médecine du sport et dopage.
Eddy Merckx se dopait-il aussi ? Le piège de la comparaison historique
Merckx a été contrôlé positif à deux reprises durant sa carrière. Comparer les ères reste risqué : les substances, les contrôles et les méthodes d’entraînement ont radicalement changé. Plusieurs records battus par Pogacar appartenaient par ailleurs à des coureurs depuis reconnus coupables de dopage.
FAQ
Quelle est la VO2 max de Pogacar ?
Pogacar ne publie pas ses données officielles. Les estimations indépendantes le situent entre 80 et 90 ml/min/kg selon une étude du Journal of Science and Cycling. Certaines analyses évoquent 100 ml/min/kg à Hautacam 2025, mais ce chiffre fait débat.
Quel produit dopant prennent les cyclistes professionnels ?
Historiquement, l’EPO a été la substance reine : elle augmente la production de globules rouges et le transport d’oxygène. Les transfusions sanguines ont aussi été massivement utilisées dans les années 90-2000. Aujourd’hui, le microdosage et le dopage génétique sont les nouvelles frontières, beaucoup plus difficiles à détecter.
Les cyclistes sont-ils tous dopés ?
Non. Le cyclisme a beaucoup évolué depuis le scandale Festina et l’affaire Armstrong. Le passeport biologique et les contrôles renforcés ont changé la donne. Mais des zones d’ombre persistent, et la méfiance structurelle envers la discipline reste difficile à dissiper.

Passionné de sport depuis toujours, j’ai fait de ma curiosité insatiable et de mon goût du défi les moteurs de ma carrière de journaliste sportif. Aujourd’hui, j’ai la chance de couvrir un large éventail de disciplines, de la musculation aux sports nautiques en passant par le CrossFit et les arts martiaux. Je m’efforce de partager avec vous, à travers mes articles, mon expertise et mes découvertes.
